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Rapport stratégique sur la situation de la famille marocaine

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ISBN
978-9920-8791-2-5
Lire un Extrait

Si la sphère familiale - par sa nature - connaît l'intervention de nombreux acteurs qui se croisent dans un certain nombre de programmes et de projets qui lui sont liés, les rôles et politiques mis en œuvre à travers les voies officielles, demeurent d'une grande importance, tout comme les contributions des centres et des institutions de recherche scientifique dans le domaine familial , font de leur rôle effectif une priorité première, ainsi qu’un accès  majeur pour identifier et évaluer les différentes politiques et choix qui y sont adoptés, en tant que référence à laquelle revient un certain nombre de résultats.
La mise en exergue de la réalité de la famille marocaine et l’évaluation du code de la famille à partir des éléments de base retenus par cette étude ; nous ont permis d'identifier ses forces et ses faiblesses, et ainsi de révéler l'étendue de son efficacité pour relever les différents défis qui se présentent dans le domaine familial, que ce soit celles posées par la réalité marocaine au niveau interne, Ou celles liées à la question de la compatibilité de la législation marocaine sur la famille avec les chartes et conventions internationales des droits de l'homme, du fait que cette étude aborde les changements, les défis et les enjeux qui se sont abattus sur la réalité de la famille marocaine à travers l’adoption et la mise en application du Code de la Famille.  afin que l'étude ne soit pas une simple description des positions et des perceptions du citoyen lambda, qu’il soit ou non au courant de la façon dont  le code a été rédigé, comme c'est le cas de l'étude réalisée par le ministère de la Famille et de la Solidarité (en 2016) ; cette étude  a cherché à donner la parole à la catégorie informée qui  participe activement et quotidiennement aux affaires de la famille, étant donné que ce sont ces acteurs eux-mêmes qui disposent des connaissances et de la capacité de produire des analyses sur les conditions dans lesquelles ils travaillent. 
Dans le but d’y parvenir, l’étude a adopté un certain nombre d'approches thématiques essentielles  à travers lesquelles le Code a été évalué, et qui peuvent être étalées à travers cinq axes : la connaissance du Code de la famille et de son contexte, le diagnostic des aberrations les plus importants dans la mise en œuvre du Code, et anticiper les problèmes et enjeux de compatibilité des législations nationales avec les conventions internationales relatives à la famille, ainsi que  anticiper les défis les plus importants auxquels est confrontée la famille marocaine, cela nous a permis d'élaborer une vision proactive sur la perception d'une politique publique singulière à la famille, L'étude a ainsi tenté de s’y enquérir à plusieurs niveaux, en révélant la réalité de l'activation du code de la famille à travers des données statistiques qui mettent en évidence l'étendue de l'interaction de la société avec le code, et l'étendue de son influence sur notre société.  Et, cette étude a également tenté de dévoiler ses éventuelles lacunes sous plusieurs aspects.
Les données statistiques sont considérées comme l'un des mécanismes et moyens susceptibles de fournir une vue rapprochée sur le tableau et sur la réalité de la mise en application du Code de la famille ; et ceux,  à plusieurs niveaux, qui tous forment dans leur ensemble un tableau concret de la situation sociale et du droit de l’homme, que ce soit pour la famille dans son ensemble, ou pour la femme, ou pour l'enfance ; entant que parties qui ont bénéficié  de niveaux variés d'attention législative. Ce que l'étude a tenté de refléter à travers les statistiques qui ont couvèrent les régions de Tanger, Casablanca et Agadir, Régions considérées comme centre de gravité des principales régions du Royaume, qui sont le nord, le centre et le sud, afin d’afficher une image révélatrice de la réalité de la mise en œuvre du code de la famille à travers les choix évoqués ci-dessus.
Les 17 années de mise en œuvre du Code de la famille ont ouvert la voie à l'expérimentation de ses dispositions, révélant ainsi les différentes voies qu'il a empruntées, qu'il s'agisse de la partie relative à l'aspect procédural ou de la partie relative aux dispositions objectif de fond. Si les dispositions susmentionnées, dans ses différents domaines, constituent une synthèse de l'effort législatif national dans le domaine de la famille, Son application a abouti à des résultats mitigés, sur la base desquels il a été possible d'identifier un certain nombre d'aspects d’efficacité et de lacunes. Ce qui a donné l'occasion aux différents acteurs dans le domaine familial de s'affairer sur les perceptions et les approches qui devraient servir de base à toute future révision législative.
Ainsi, selon les choix retenus par l'étude, le code de la famille a été évalué sur plusieurs niveaux dont nous présentons les résultats à travers les plans suivants :
Sur le plan de l'évaluation du niveau de familiarité des acteurs avec les textes du Code de la Famille, l'étude a révélé que 44,8 pour cent des participants à l'étude ont une connaissance complète des textes du Code, et que 42 pour cent d'entre eux n'en ont qu'une connaissance partielle, tandis que 13,8 pour cent d'entre eux n’y sont pas informés du tous.
Quant à l'accès par sexe, on constate que le pourcentage de femmes qui le connaissent parfaitement est considéré comme élevé (47%) par rapport aux hommes (36,9%), tandis que le pourcentage de ceux qui le connaissent partiellement est considéré comme plus élevé chez les hommes (% 38,7) que chez les femmes. 
En ce qui concerne la priorisation des préoccupations des familles marocaines, L’étude a montré que les enfants viennent au Premier plan des préoccupations, du fait que les résultats de l’étude ont révélé que l'enfance est considérée comme la première des priorités avec (34,3%), suivie du mariage (27,9%), puis du divorce (22%),2) Puis de l’héritage (11,7).
Quant aux priorités des familles selon les régions, l'enfance est également considérée comme l'une des premières priorités, que ce soit pour la région de Tanger (35,6%) ou d'Agadir (35%), ainsi que la région de Casablanca (32,4%).
Les hommes et les femmes les considèrent aussi comme la première parmi les priorités du code de la famille, aux côtés du mariage, du divorce et de la succession, du fait qu’ils sont considérés comme la première priorité, que ce soit pour les hommes (36,4%) ou pour les femmes (33%), après quoi le mariage arrive en deuxième position (% 28,4) pour les femmes, contre (25,9%) pour les hommes, le divorce arrive en troisième position (23,8% pour les femmes, contre (17,9%) pour les hommes. Quant à l'héritage, il est considéré comme la quatrième priorité (15,2%) pour les hommes, contre (10,1%) pour les femmes.
Quant Aux justifications qui motivent à vouloir déceler le code de la famille, l'étude a montré que les justifications civiles arrivaient en tête des justifications d'accès au Code de la famille (39,6%), suivies des justifications personnelles (20,7%), puis académiques (20,5%), puis famille (19,2%).
Au niveau du suivi des amendements au Code, l'étude a montré que le pourcentage de ceux qui connaissent pleinement les amendements au Code de la famille est considéré comme important et que ceux qui ont une connaissance relative de ces amendements sont plutôt proches en termes d'importance : (42,7%)pour les premiers  et (42,1%) pour les seconds ; tandis que le pourcentage de ceux qui ne connaissent pas ces amendements restent moins importants (15,2%). Et en ce qui concerne la répartition géographique, le groupe le plus important d'acteurs en connaissance des amendements du Code est celui de la région de Casablanca (63,6%), puis vient la région de Tanger (49,5%), tandis que la région d'Agadir compte (42,7%)
En conséquence, l'étude a tenté de contribuer - par les efforts déployés - à identifier les déficiences du Code et à révéler un certain nombre de lacunes juridiques qui nécessitent une reconsidération de ses dispositions et de ses choix législatifs. 
Ainsi ; concernant les lacunes du Code de la Famille, les résultats de l'étude ont révélé la nécessité de modifier ses dispositions au niveau de plusieurs thèmes, et, ceux selon l’opinion de (71,9%) des personnes concernés par l’étude, qui ont déclaré que cette nécessité constituait la raison et le motif qui approuvent les amendements au Code, ainsi que  (41,7%) d'entre eux ont souligné que ces amendements sont considérés comme naturels à cause  des transformations de la société marocaine, tandis que (38,6%) d'entre eux considèrent que ce changement est intervenu uniquement comme le résultat de pressions internes.
Nonobstant le degré de connaissance des textes du Code, des amendements y survenu, ou de leurs sources ; l'étude a révélé que la société civile peut être le principal moteur du changement partant d'en bas, à travers les canaux de dialogue avec les sphères de responsabilité, que ce soit au niveau local, central ou international.
Concernant les acteurs du changement, le Code de la famille a été considéré comme un atelier sociétal, auquel ont contribué à différents niveaux un certain nombre d'acteurs de la société marocaine. Ainsi selon les résultats de l'étude, la société civile a constitué l'acteur le plus influent (28,8%), suivi par l'État (25,2%) puis par les citoyens (% 17,7), puis par les partis politiques (% 14,5), suivis par les organisations internationales, qui ont eu un impact important dans le changement (% 13,9).
Par ailleurs, les participants à l'étude estiment qu'en ce qui concerne les catégories concernées par l'introduction et la présentation du Code ; les hommes de loi arrivent en tête de ces catégories (26,3%), suivis des responsables politiques (24,6%), suivis des acteurs sociaux (23,2%), puis des acteurs politiques (14,5%).
L'étude a également abordé une question très importante, à savoir l'identification d'un certain nombre de dispositions du Code de la famille qui ont été mal interprétées ou mal comprises. Parmi ces dispositions ; selon les acteurs inclus dans l'étude ; on trouve une distinction entre les types de divorce (23,9%) et les dispositions concernant le mariage (12,6 %), les dispositions de la pension (26,6 %), les dispositions sur la polygamie (24 %), la tutelle dans le mariage (9,9 %), en plus d'autres questions (3 %).
Au niveau procédural, l'étude a également constaté une incompréhension concernant les procédures liées à la mise en œuvre d'un certain nombre de ses dispositions, notamment le partage des biens en raison de la dissolution du pacte matrimonial (38,7%) ; Pension (% 29,8); Polygamie (27,4%).
En ce qui concerne la question de la polygamie, qui est considérée comme l'une des questions dont les exigences légales ont suscité de grandes controverses, étant donné que les exigences approuvées par le Code de la famille ont eu un impact significatif sur la polygamie, puisque les mariages conclus en relation avec celle-ci ont considérablement diminué depuis le lancement du Code de la famille, selon les statistiques du ministère de la Justice ; étant donné qu’il ne dépassent plus 1%, ce qui a été confirmé par le rapport du ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social ; publié par le ministère de la Justice et des Libertés en 2014, qui a révélé que le pourcentage de mariages liés à la polygamie ne dépassait pas (0,26%) en 2013.
L'étude a révélé que l'institution de la polygamie bénéficie toujours d'un soutien important de la part de nombreuses categories de la société marocaine (79,9%) dans le cadre des exigences du Code, tandis que des groupes plus petits s'opposent à son maintien (16,1%). Pendant que d’autres catégories soutiennent son maintien en   adoptant le principe de restriction dans son application, et de prendre en compte les cas exceptionnels qui approuvent l'autorisation de la polygamie, comme les cas d'infertilité ou de maladie de l'épouse, par exemple (4%).
En outre, la pratique de la polygamie se heurte à plusieurs restrictions objectives liées à l’éligibilité financière (52,9 %), à la capacité physique et psychologique (18,3 %) et à la disponibilité d’un logement (10,5 %).
Il convient également de noter qu’on a enregistré plusieurs aspects de contournement de la loi, comme la falsification de contrats de célibat et la conclusion de mariages illégaux en changeant l'adresse de résidence, le mariage avec Fatiha en plus du ralliement de lignage après la grossesse, ce qui fait de la question de la mise à jour et des réagencements juridiques une question très urgente.
Concernant les groupes de femmes qui soutiennent le maintien de  de la polygamie, leur soutien est soit dû au mariage tardif (35,9%), ce qui est considéré comme la principale raison pour elles d'accepter la polygamie, tandis que la fragilité et le besoin constituent la deuxième motivation (26,2%), en revanche, la raison pourrait être due à un amour mutuel (16,9%), tandis qu'il y a d'entre elles qui considèrent l'incompétence et l'incapacité des jeunes célibataires à faire de la vie conjugale une réussite et à supporter les charges de la vie conjugale comme raison de leur acceptation de la polygamie (14,5%).
Quant à la pratique de la polygame chez les hommes ; cela peut être dû à la disponibilité des capacités financières nécessaires pour subvenir aux besoins de plus d'une famille (33,7%), cela peut être dû aussi au désir d'avoir des enfants (28,4%), alors que certains l’aperçoivent comme un accomplissement de la virilité (15,8%) comme cela peut être dû à l'amour entre les deux parties (15%).
L'étude a souligné la présence d'un certain nombre de lacunes juridiques apparues avec l'activation des dispositions du Code de la famille, qui, bien qu'elles puissent être révélées à travers plusieurs dispositions, mais l'étude a tenté de se concentrer seulement sur celles liées aux questions de polygamie et du mariage de mineurs.
Ainsi ; en ce qui concerne les lacunes juridiques liés à la polygamie, certain ont recours à l’authentification du mariage pour contourner la loi et obtenir l'approbation des demandes d'autorisation de polygamie (34,7 %). Il existe également des cas où on se présente en compagnie d’une femme enceinte afin de mettre le pouvoir judiciaire devant le fait accompli pour obtenir l'agrément. (% 32,4), On peut aussi procéder à la dissimulation du livre d'état civil comme méthode frauduleuse pour bénéficier de ces dispositions (%27,5), en plus de la présence d'autres lacunes juridiques exploitées pour contourner la loi (% 5,5).
Quant au mariage de la fille mineure, considéré parmi les thèmes auxquels l'étude a consacré une place importante, du fait qu'il est classé parmi les thèmes les plus controversés, que ce soit à cause du fait que ses dispositions sont réglementées par le Code de la Famille, ou comme un sujet dans lequel se sont impliqués un certain nombre d'acteurs du domaine juridique et judiciaire, ou appartenant à la société civile, en particulier ceux qui s'intéressent aux questions de la famille, de la femme et de l'enfance. l'étude a révélé que parmi les raisons qui poussent le pouvoir judiciaire à accorder l'autorisation de mariage à une mineure, la grossesse d'une fille mineure arrive en tête des raisons d'autorisation (42,6%), tandis que d'autres (11,7%) ont confirmé que cela représente un danger pour la fille en raison de la grossesse, tandis que certains groupes (8,7%) ont attribué la raison de l'autoriser au facteur de pauvreté, pendant que d’autres en revanche, (14,8%) ont souligné que l'insistance du tuteur était la principale raison qui pousse à l'autoriser , tandis que d'autres (22,2%) l'attribuent à une demande de reconnaissance du mariage par la jeune fille.
L'étude a confirmé, à travers un certain nombre d'indicateurs, que le phénomène du mariage des mineurs est considéré comme étant l'un des phénomènes sociétaux complexes, qui relèvent de plusieurs causes ainsi que ses dimensions sont multiples, ce qui affectent la mise en application des dispositions du Code de la famille dans ce domaine, et limite son efficacité et l'effectivité de sa protection, et parmi les problématiques les plus marquantes concernant la mise en œuvre des conditions requises pour le mariage des mineurs, on trouve l'ignorance de la responsabilité matrimoniale (32,7%), et, aussi la présence de résistances sociales et culturelles qui amplifient l'ampleur de ce phénomène (25,9%), l'analphabétisme aussi est considéré comme l'une des raisons qui mènent à élargir son étendue (22,2%). La pauvreté peut également être un facteur fondamental dans ce type de mariages (19,3%).
Eu égard à tout ce qui vient de précéder, on peut affirmer que l'autorisation de marier des mineurs dans les limites de l'exception étroite et dans les conditions établies et en activant les deux mécanismes d'expertise - dont la conduite devrait être confiée à un médecin assermenté, notamment dans le cas du mariage des mineurs, et la recherche sociale, reste une question logique et conforme à l'esprit de la loi, notamment de l'article 20 ci-dessus.
Quant au débat sur les dispositions qui devraient encadrer - comme référence - la question du mariage des mineurs, l'étude a révélé qu'il existe des groupes qui soutiennent l'adoption des lois centrales (21,1%), tandis que d'autres (20,5%) ont souligné la nécessité d'adhérer aux lois locales, tandis que la majorité (%58,4) soutiennent l'adoption des deux références en parallèle pour organiser ce type de mariage.
Quant à la compatibilité du code de la famille avec les valeurs universelles, l'ouverture aux valeurs universelles est devenue l'une des questions qui s'imposent avec urgence à divers pays du monde, en raison de la croissance d'une pensée mondialisée, qui appelle à la généralisation des valeurs universelles et humaines, les considérant comme la référence à laquelle toutes les législations nationales doivent s’adapter. Ce qui en fait un sujet à grande controverse sociétale, dont l'étude a tenté de révéler un certain nombre de problèmes qu’elle pose, dont le fait que ces valeurs - selon l'opinion d'un certain nombre de participants à l'étude - constituent une menace pour l'identité religieuse, (24,5%), en revanche, cela ne pose pas de problèmes pour (23,5%) des participants, tandis que d'autres (18,3%) y voient une menace pour les valeurs locales, d'autres (12,7%) y voient une menace pour la paix sociale. Un autre groupe (12%) les classe parmi les facteurs qui conduiront à la désintégration familiale, tandis que certains (6,6%) les considèrent comme une menace pour la sécurité spirituelle.
La question des contradictions entre les accords internationaux et les législations nationales a constitué l'un des thèmes sur lesquels l'étude a présenté les points de vue des participants, ainsi une catégorie des sondés a proclamé qu'il y avait une contradiction partielle entre les deux (49,1%), tandis qu'un autre groupe a indiqué que il y avait une contradiction complète (45,4%), tandis que d'autres (5,5%) ont exclu la possibilité de cette contradiction.
Quant aux thèmes qui ne peuvent être rallié à la compatibilité, ils incluent le mariage d'une mineure, comme l'ont constaté un certain nombre de participants à l'étude (27,9%), en plus de l’avortement (25,2%), ainsi que la polygamie (22,3%).  En plus de l'égalité en matière du lègue (22,2%).

Étant donné que la question de la concordance pose encore de nombreux problèmes, l'étude a tenté ;  à travers les rôles et les efforts d'un certain nombre d'acteurs et d'entités ; considérés comme étant influents ; en raison de leur nature et spécificité ; d'évaluer dans quelle mesure ces problèmes peuvent être surmontés, ainsi  il a été  révélé que la société civile est celle qui peut prendre les devants à travers ses rôles pour surmonter ces problématiques (% 22,9), suivie par les érudits religieux (oulama)  (% 18,6), puis par les juges (% 18,3), ainsi que le Parlement (% 11,7). ), puis suivent les compétences gouvernementales (% 10,8), puis vient l'université (% 9), puis l'école (%7,9)
Si l'étude, à partir de ses choix thématiques, a cherché à retracer la mise en œuvre des dispositions du Code de la famille à travers les champs de recherche qu'elle aborde, elle a en retour tenté d'anticiper un certain nombre de transformations futures à travers l' introduction et l'approche législatives, tout au long d’un certain nombre de perceptions qu'elle a transmises de la part de plusieurs acteurs du champ familial, d’où elle a révélé un certain nombre de tendances sur plusieurs questions. Ainsi en matière de prévention du mariage précoce, on relève une tendance vers plus d'ouverture sur les normes internationales et vers un encouragement de la compatibilité (40,8%). Quant à la prévention de la polygamie, il existe une moindre tendance et un moindre soutien à ces normes (27,4%). L'héritage par le tribalisme, n’obtient pas beaucoup de soutien (19,5%). Quant à la question de l'égalité dans l'héritage, elle apparaît comme la plus loin de toute discussion sur la question de la compatibilité des législations nationales avec les normes internationales, comme le démontre l'étude (12,3%).
En plus de tout ce qui précède, l'étude a également ouvert le débat sur la possibilité de modifier les exigences légales liées à un certain nombre de dispositions du Code, ainsi le débat a porté sur les points suivants :  les dispositions sur le mariage précoce (36,5%), les dispositions sur la polygamie (31,6%), les dispositions sur l'héritage (15,5%) les dispositions sur le mariage d'une femme musulmane avec un homme non musulman (12,8%).
    Sur la base des besoins révélés par la réalité pratique et reflétés dans les opinions des participants, l'étude a souligné la nécessité de prêter attention à un certain nombre de moyens qui peuvent contribuer efficacement à la mise en œuvre des dispositions du Code de la famille, parmi lesquels : les programmes de formation de nouveaux conjoints sont aussi importants (34,4%) en plus de la création de centres de médiation familiale (30,8%), la nécessité de qualifier les ressources humaines et financières (19,1%) le renforcement des infrastructures ont également été soulignés comme l'un des moyens qui permettront contribuer à la mise en œuvre effective du Code (15,7%).    
De fait ; considérer les moyens et mécanismes mentionnés ci-dessus comme des lacunes qu’il faut combler vient du fait qu'ils représentent des zones de déficience qui sont apparues au fur et à mesure des avancements dans la mise en œuvre du Code. Ce n'est un secret pour personne que le taux de conflits familiaux est toujours en constante augmentation, en raison d'une faible conscience des responsabilités, des droits et devoirs, des relations mutuelles liées à l'institution familiale, et de la rareté des programmes de réhabilitation et de formation des conjoints, les nouvellement mariés en particulier.
L'étude démontre qu'une autre forme de la famille marocaine est en cours de reconstitution pour les 10 années à venir, ce qui conduira à sa redéfinition. Elle est également à l'orée d'une période de transition avec laquelle elle connaîtra des changements majeurs, cela pour plusieurs raisons qui peuvent être imputable à : des circonstances exceptionnelles telles que la pandémie du covid et ses effets psychologiques accompagnants,  avec leurs impacts sociaux et économiques sur les composantes de la famille, du fait que la famille marocaine vit dans des circonstances exceptionnelles depuis la déclaration de l'état d'urgence sanitaire le 20 mars 2020, avec la situation exceptionnelle imposée par l'interdiction de toutes manifestations, l'imposition de la quarantaine et de la distanciation sociale, l’obligation de rester chez soi,  la suspension des études dans les établissements. Tout cela, en plus de la proposition de plans alternatifs dans le but d'une continuité pédagogique à travers un mécanisme de l’apprentissage à distance ; En plus d'autres mesures qui plaçaient les familles devant l'option de l'isolement forcé du reste des autres familles. Ont eu du fait des changements dans les modes de consommation des familles marocaines : cette période a été caractérisée par la peur et la ruée vers les magasins d'alimentation en raison d’informations contradictoires sur l'avenir de la situation sanitaire. Malgré l'accent mis par les autorités compétentes sur la couverture des besoins sociaux et de consommation tout au long de la période de quarantaine, nous constatons selon les données de l'étude, que (24%) ont ressenti de la peur et se sont approvisionné en denrées alimentaires pour un mois, tandis que la majorité n'a acheté que ce dont ils avaient besoin. La demande de produits alimentaires a augmenté de 61%, face à une baisse des autres dépenses liées au transport et au divertissement. L'étude a également démontré une baisse de la vie de luxe et de la satisfaction des citoyens en leurs besoins essentiels se contentant de peu. L'étude a également démontré que (46%) de leur revenu mensuel n'a pas été affecté, alors que (54%) ont été touchés par la baisse, et c'est ce qui a poussé certaines familles à puiser dans leurs économies antérieures et, le cas échéant à emprunter auprès des banques.
Sous ces circonstances soudaines et exceptionnelles, les membres de la famille marocaine ont éprouvé des expériences particulières, tout en essayant d'y faire face à de multiples niveaux qui concernent les aspects de la coexistence au sein des foyers. L'étude a démontré que (59,32%) considèrent acceptable qu'un homme fasse les tâches ménagères, tandis que (31,36%) considèrent que c'est plutôt un devoir, et un faible pourcentage (9,32%) considère qu'il est inacceptable qu'un homme fasse le ménage. Ce qui nous montre le degré de l'implication de l'homme sous des circonstances exceptionnelles dans la prise de ses responsabilités dans à la maison, pour assumer des rôles familiaux, notamment les soins et la garde. La plupart des personnes interrogées de l'échantillon ont élevé les enfants en couple, à raison de 60,17%, tandis que 14,41% ont répondu que c'était la mère qui était responsable de l'éducation des enfants. L'étude a également démontré que 79% des membres de l'échantillon ont créé un compte dans l'un des médias sociaux qui se sont imposé pendant ladite crise, dans une plus grande mesure, certains en ont  fait un métier a côté parallèle pendant  de la crise économique, il aussi a été constaté que (88,98%) ont augmenté leur connexion avec les moyens technologiques qui se sont fortement imposés, notamment avec l'imposition de l'enseignement et du travail à distance, en plus de l'absence d’autre moyens de divertissement. Ainsi après la réouverture des établissements d'enseignement, le ministère a proposé deux options : l'option de l'enseignement à distance et celle de l'enseignement en présence. De nombreuses familles ont préféré l'enseignement en présence contre l'enseignement à distance, du fait que (60,17 %) ont préféré l'enseignement en présence pour leurs enfants et (4,24 %) ont choisi l'option d'enseignement à distance. Pourtant, quoique la majorité des parents préfèrent pour leurs enfants l’enseignement en présence, on constate qu’un groupe important de participants à l’étude (50,85%) ont répondu qu’ils ont suivi au fait un enseignement et une formation à distance.
Concernant les conflits familiaux et la violence domestique, on constate que la diminution du revenu globale de la famille et l'exposition de ses membres au chômage et à la pression du travail ; résultant de la pandémie de corona ont conduit à une augmentation des cas de dissonance et de contradiction au sein de la famille. L’étude a montré que les femmes ont été exposées à la violence à hauteur de (10,17%), tandis que les hommes étaient exposés à la violence à hauteur de (2,54%) et que les femmes ont été maltraitées par leurs pères à raison de (4,24%), et par leurs frères à raison de (3,39%), et par leurs partenaires à raison de (2,54%). Les types de violence auquel les femmes ont été exposées était : la violence psychologique à un taux de (5,08%), tandis que les hommes étaient exposés à la violence économique à un taux de (2,54%) et la violence psychologique à un taux de (1,69%).
    L'étude a également permis de confirmer le rôle de la société civile dans la réalisation des développements mentionnés ci-dessus, parfois à travers des revendications, ou à travers une série d'appels, mais surtout à travers sa présence et son interaction quotidienne avec la société à travers ses programmes et activités, ou à travers l'orientation et l’encadrement. Cependant, ce qu’on peut reprocher aux efforts déployés par les différents acteurs autres que l'État se caractérisent par la division et le manque d'harmonie dans un certain nombre de domaines.
En outre, l'une des déficiences qui limitent l'efficacité des politiques liées au domaine familial est qu'elles présentent une grande lacune, que constitue l’écartement des institutions universitaires et des chercheurs et l’omission de leur implication dans celles-ci, ce qui éloigne ces politiques de la réalité. Du fait qu’ils ne parviennent pas à intégrer cette composante importante, dont la mission première est la formation et la recherche, qui est la base du succès de diverses politiques et projets dans divers pays du monde, ce qui rend leurs projets non établis scientifiquement et inefficaces sur le terrain.
Au niveau de la pratique judiciaire, on peut noter qu'il existe de nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs du domaine judiciaire et juridique, liées à la mise en application de l'arsenal juridique lors du lancement du code, telles que : le mariage des mineurs, le divorce et la polygamie, ce qui a rendu difficile l'adaptation des textes juridiques aux situations soulevées même  pour les grands professionnels du domaine juridique et judiciaire.
Par conséquent les rôles des organismes gouvernementaux responsables du domaine familial seront révélés, aussi, les contributions de la société civile à celui-ci, seront  passé en revue, dans le cadre d'une vision critique basée sur les résultats obtenus dans le domaine et,  qui tente  d'anticiper les sources des meilleures intérêt pour la famille car c'est l'objectif premier de diffuser la discussion sur ces sujets.

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